Étude de cas

Une première dans le secteur des produits laitiers : un emballage recyclable pour le beurre

 

Le beurre clarifié Ghee Boni Bio est le premier produit emballé dans une alternative recyclable au papier laminé traditionnel. Une étape logique, mais qui n’a pas été évidente. « Les consommateurs ont certaines attentes quant au toucher ou à l’aspect d'un emballage. Les producteurs doivent parfois oser faire bouger les choses », déclare Annemarie Abbeel, Sustainable Packaging Manager chez Fost Plus.

Le secteur des produits laitiers a « l’honneur » de figurer parmi les trois secteurs les moins avancés en matière d’emballages recyclables. Un obstacle majeur au remplacement des emballages est l’acceptation des consommateurs.

Le produit doit rester frais et savoureux

Dans le secteur des produits laitiers, le beurre, les fromages à pâte molle et l’opercule des yaourts sont les principaux produits concernés. « Si les gens sont habitués à un certain type d’emballage, il n’est pas aisé de les convaincre d’en changer. C’est vrai pour les consommateurs, mais aussi pour les producteurs. Ils veulent que le nouvel emballage soit aussi performant que l’ancien, pour un produit frais et savoureux. »

Une première en Europe

Pour le beurre, cela n’a pas été évident. L’emballage doit non seulement être assez souple pour être manipulé facilement, mais il doit aussi être adapté à la matière grasse du beurre. Le beurre clarifié Ghee Boni Bio est le premier produit emballé dans une alternative au papier laminé traditionnel. Colruyt Group est ainsi l’un des pionniers sur le marché européen à avoir réussi à lancer une alternative recyclable à cet emballage traditionnel.

« C’est un emballage entièrement en plastique, plus précisément un film en PE. Le produit est en vente depuis deux mois environ. Colruyt Group suit attentivement les réactions des consommateurs afin d’étendre l’innovation aux autres marques de l’assortiment, si elles sont positives. »

Vers une élimination définitive des emballages non recyclables

En 2019, les entreprises belges se sont engagées à ne plus commercialiser que des emballages recyclables d’ici 2025. « Nous en observons déjà très bien l’impact dans les déclarations de nos membres. Alors qu’en 2019, le volume d’emballages non recyclables déclaré dépassait encore les 20 000 tonnes, à la mi-2024, ce chiffre était déjà tombé à environ 5 000 tonnes. Nous constatons que l’industrie fournit de gros efforts pour transformer ses tonnes restantes d’emballages, qui sont souvent les plus difficiles à convertir, en alternatives recyclables. »

En gros, les tonnages restants concernent trois catégories :

- les emballages de poisson frais et de viande fraîche ;
- les médicaments ;
- les produits laitiers.

« Il s’agit principalement d’emballages laminés : aluminium ou papier. Une couche d’aluminium est intercalée dans ces emballages multicouches. Comme les couches ne peuvent pas être séparées, il est impossible de recycler l’emballage. »

L’aluminium laminé utilisé dans les emballages de café, de tablettes pour lave-vaisselle ou d’aliments pour animaux est systématiquement remplacé par des monomatériaux recyclables. Les tubes pour les chips , par exemple, ont aussi subi une transformation complète. « L’accent est désormais mis sur les emballages de certains produits en particulier. Comme souvent, c’est la dernière ligne droite qui est la plus ardue. Mais là aussi, nous constatons une augmentation des alternatives recyclables sur le marché. L’échéance est donc réaliste. »